La carence affective maternelle et l’histoire de Natacha.

 

La mère bienveillante, aimante et rassurante permet à l’enfant de se sentir secure, d’avoir une confiance en lui. Elle lui permet aussi par l’apprentissage à mentaliser pour faire face aux aléas de la vie.

Malheureusement, cet apport secure pour l’enfant n’est pas toujours construit.  En effet, la mère peut manquer de moyens pour fournir ce qui est nécessaire à son bien-être.

Ceci est le cas de la mère anxieuse, déprimée ou qui a rencontré la carence affective de ses propres parents.

La carence affective maternelle : la mère insuffisamment bonne

Selon Winnicott (pédiatre, psychiatre, psychanalyste britannique), la mère suffisamment bonne est capable de s’identifier à son enfant en répondant à ses besoins et en lui prodiguant des soins de qualité.

Winnicott parle de holding.  C’est la manière de maintenir et de porter physiquement et psychologiquement l’enfant au tout début de la vie afin d’assurer une sécurité de base. Il nomme aussi le handling qui est une façon appropriée de manipuler et de soigner le corps de l’enfant.

Winnicott précise que l’intégration du Moi dépend de la manière pour la mère de tenir l’enfant (holding). Et que la façon de le soigner (handling) favorise le processus de personnalisation du Moi.

Dans la construction psychique de l’être, il évoque également le concept du Self. Il le considère comme un lien de continuité des expériences vécues de l’enfant avec sa mère sur le plan somatique et psychique. Il détaille davantage les notions de vrai et faux self. Ils sont indispensables chez tout individu.

Le sujet reste créateur (vrai self) tout en faisant des concessions à la société (faux self). Plus précisément, le vrai self dénote de l’aptitude de la mère à répondre aux besoins de son enfant, à son désir d’omnipotence. Il est dans un état dans lequel le sujet a suffisamment confiance en lui et en l’environnement pour s’accepter lui-même.

En revanche, si la mère est insuffisamment bonne et substitue ses propres désirs à ceux de son enfant. Il va se soumettre à celle-ci en lui ressemblant et va constituer un faux self permanent qui va masquer le vrai self.

La mère suffisamment bonne, par ses présences/absences, permettra à son enfant de développer sa capacité à être seul en transformant la vacuité en un plein imaginaire.

Mais il arrive que certaines mères n’aient pas les capacités d’apporter à leur enfant suffisamment de nourriture affective pour assurer le bien être de leur progéniture.

La carence affective maternelle : la mère anxieuse ou déprimée

Il sera difficile pour le sujet de se sentir secure dans sa vie. En effet, sa construction psychique, au lieu de se créer sur de la sécurité, n’a été que vide, tristesse et angoisse, le simple reflet du ressenti des émotions de sa mère.

La mère stressante

Elle n’a pas appris à son enfant à temporiser et à atténuer les sensations liées aux événements de la vie mais a contrario à les dramatiser. Elle est souvent angoissante et n’est pas rassurante pour son enfant, car elle a tendance à interpréter le monde négativement.

Le sujet aura certainement un manque d’assurance et de confiance en lui et sera souvent en quête d’un soutien affectif auprès de l’autre.

La mère elle-même carencée

Elle peut se venger sur son enfant en le malmenant ou se mettre dans un statut de parent idéal. Elle va lui donner énormément d’amour en se sacrifiant pour lui. Mais elle va le culpabiliser et l’étouffer pour assouvir son besoin de se croire bonne et reconnue.

Le sujet aura de grosses difficultés de différenciation et d’autonomisation au cours de son existence. Il aura été le bouche-trou des vides intérieurs de sa mère.

La carence affective maternelle : l’histoire de Natacha

Natacha a 30 ans. Elle travaille depuis 2 ans dans un pôle administratif. Elle est en couple à distance avec Pierre. Natacha cherche à se reconstruire de son expérience passée d’avec son ex petit copain, Florian. Elle a partagé ses premiers émois amoureux à l’âge de 19 ans. Son histoire avec Florian a duré 9 ans et s’est terminée de manière violente.

  • L’élaboration thérapeutique

Le Moi de Natacha reste fragile car la mémoire corporelle des interactions avec sa mère n’a pas permis l’élaboration mentale d’une mère soignante. L’enveloppe corporelle n’est pas secure car la mère semble ne pas avoir été suffisamment bonne. Il semblerait que son attachement soit de type insecure évitant.

En effet, Natacha me précise au cours des séances que lorsque sa mère tente d’être affectueuse avec elle, elle la rejette. C’est comme si l’angoisse d’abandon vécue ne pouvait pas être réparée malgré les tentatives de sa mère.

Je lui propose des séances d’haptopsychothérapie.

  • Ce que les séances lui ont apportées

Le travail d’haptopsychothérapie permet à Natacha d’éprouver des émotions, de ressentir des sensations dans son corps. Elle se rend compte qu’elle peut voir les choses différemment, atténuer sa souffrance psychique par ce travail. Natacha constate qu’elle n’a quasiment plus de colère envers sa mère. Elle a impacté que sa mère avait fait ce qu’elle avait pu pour elle.