Comment reprendre confiance en soi ?

Caroline est une femme de 35 ans, souriante et joviale. Elle travaille dans une administration depuis 10 ans et est en couple avec Philippe.

Caroline est de petite taille et est en surpoids. Caroline a de longs cheveux châtains et un très joli visage. Visage qu’elle prend soin de mettre en valeur par un maquillage subtil et le port de boucles d’oreilles. Quant à son corps, je ressens qu’elle n’est pas à l’aise dedans compte tenu des vêtements qu’elle porte. Je la verrais habiller toujours de la même manière : legging de couleur noir, robe large de différentes couleurs qu’elle associe en fait comme tunique.

Motif de la consultation

Caroline consulte car elle se sent mal, elle voudrait retrouver une meilleure estime d’elle-même, apprendre à dire non aux autres.

Ce que je sais de son anamnèse

Caroline est la dernière d’une fratrie de 3 enfants, elle vivait dans l’arrière pays niçois avec ses parents sans ses frères et sœurs puisque déjà partis de la maison
Chaque été, Caroline se retrouvait sans ses parents car ils travaillaient tous les 2. Elle ne faisait pas d’activités compte tenu de leur éloignement géographique avec d’autres villages.
Adulte, Caroline n’ayant pas confiance en elle, a beaucoup de mal à faire les choses seule.

Le travail thérapeutique

Avec Caroline, nous avons ensemble d’abord travaillé sur les causes de son mal être. Puis, avec la sophrologie, Caroline a pu se libérer des émotions négatives qu’elle ressentait par rapport à son enfance. Enfin, l’hypnose lui a permis de se fixer des objectifs afin de réaliser des activités seule.

Les causes

Dernièrement, Caroline s’est pris une réflexion de la part d’une de ses collègues de bureau pour une histoire de fenêtre ouverte. Sa collègue, menue, lui a dit : « si tu n’étais pas aussi grosse, tu n’aurais pas chaud comme ça alors qu’on se caille. » Caroline a été interloquée et s’est sentie désemparée. Une semaine plus tard, une angoisse s’est installée et des idées négatives l’assaillaient (« je suis nulle, grosse, je n’y arriverais jamais… »)
Nous identifions à ce moment là, son mal être actuel. Mais cela n’est pas suffisant pour comprendre les causes profondes de son angoisse. C’est pourquoi, par le travail thérapeutique, nous creusons davantage et retrouvons ensemble la cause réelle survenue pendant son enfance.
Esseulée l’été, elle se retrouvait en compagnie de la télévision et surtout de son amie : la nourriture. De ce fait, Caroline s’est mise à beaucoup grossir et à être rejetée à l’école par ses camarades, qui l’insultaient de « grosse vache ». Si Caroline avait eu une bonne estime d’elle-même, elle aurait eu la force de braver ces dires et de se sentir bien dans son corps comme elle était. Or, ce n’était pas le cas car ses parents malheureusement la dévalorisaient également.
Cette histoire était enfouie dans la tête de Caroline, le travail thérapeutique a permis à Caroline de retrouver cela et de mettre des mots sur ses émotions.

Retranscription d’une de nos séances de sophrologie*

[j’étais seule quand j’étais enfant pendant toutes les vacances d’été car mes parents travaillaient, et pour moi ma relation à l’autre est compliquée]

[en quoi pour vous la relation à l’autre est compliquée?]

[ben , je n’arrive pas à dire à l’autre non je n’ai pas envie de faire ça ou ça et j’ai tout le temps peur d’être jugée par rapport à ce que je vais dire ou faire. Ca me perturbe. Je n’aime pas être regardée car je sais que l’on se moque de moi parce que je suis grosse]

Le constat d’une faible estime de soi de Caroline est établi par son discours.

[Qu’est-ce que vous ressentez quand vous me dites que ça vous perturbe?]

Caroline se met à pleurer et un long silence s’installe. J’accueille avec bienveillance ses pleurs et respecte son silence (indispensable afin qu’elle puisse se connecter à ses sensations corporelles).

[Ca fait des années que j’ai pas pleuré, je pensais que ça n’arriverait plus]

Je propose une relaxation dynamique à Caroline afin qu’elle retrouve de l’énergie positive et qu’elle se détende. Je lui explique que cette séance de sophrologie va lui faire du bien et que la respiration en toute conscience va lui aérer le cerveau. Je pratique les exercices avec elle afin qu’elle se sente accompagnée dans son processus.

1er exercice : la prise de conscience du souffle
[Vous inspirez profondément en gonflant le ventre, vous bloquez votre respiration, vous bouchez vos narines comme ceci, vous descendez votre buste vers le sol et vous expirez en lâchant tout. Nous le faisons 3 fois]

2ème exercice : la rotation de la tête
[Vous inspirez, vous bloquez la respiration, vous tournez la tête de gauche à droite et de droite à gauche, et vous expirez. Nous le faisons 3 fois]

3ème exercice : le geste des épaules
[Vous inspirez profondément, vous bloquez et vous montez et descendez les épaules jusqu’à ce que vous ayez envie de relâcher votre respiration. Nous le faisons 3 fois]

[comment vous sentez-vous?]

[beaucoup mieux, mon corps s’est relâché]

Effectivement, Caroline a le sourire et semble bien détendue.

*cette séance ne définit en aucun la totalité du domaine d’application de la sophrologie.

Retranscription d’une de nos séances d’hypnose*

[Vous me parlez beaucoup de Philippe, y a-t-il des choses que vous faites ou que vous aimeriez faire en dehors de votre couple?]

[oui j’ai envie de m’occuper de moi et de faire ce que j’ai envie de faire mais je n’y arrive pas, c’est comme si j’étais coupée en 2, entre l’envie et le fait de ne pas y arriver]

Nous cherchons ensemble un objectif afin de travailler en hypnose.

[je veux prendre des cours de pâtisserie]

Nous avons donc cherché des ressources qui lui permettraient d’atteindre son objectif.

[c’est dur de trouver des ressources, en fait je ne suis pas courageuse sinon je l’aurai déjà fait]

Je rebondis sur le courage afin de valoriser l’estime d’elle-même.

[déménager à 1000 km sans connaître la région ni quasiment personne, n’est-ce pas du courage, quitter un job alors que vous aviez une certaine sécurité d’emploi, n’est-ce pas aussi du courage]

[oui c’est vrai je suis courageuse]

[Qu’auriez-vous besoin en vous pour aller prendre ces cours de cuisine?]

[je ne sais pas]

Je lance une piste en lui demandant ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle a passé son entretien professionnel.

[ah de la sérénité]

Je procède à la séance hypnotique en amenant Caroline dans un lieu ressource qui la sécurise. Pour elle, il s’agit d’une grande prairie verte. Et je travaille en parallèle avec son inconscient (qui est un grand réservoir de ressources) afin qu’elle puisse atteindre son objectif.
Le feedback est congruent.

[Imaginez que demain vous êtes à votre cours de pâtisserie, comment cela se passe-t-il? Et comment vous sentez-vous?]

[je m’éclate, je me sens calme]

*cette séance ne définit en aucun la totalité du domaine d’application de l’hypnose.

Caroline, par ce travail thérapeutique complet, s’affirme davantage en disant à son mari Philippe qu’elle est occupée. Elle me dit avoir énormément avancé, qu’elle est motivée pour faire des choses seule, des activités et elle apprend également à dire non aux autres.

Caroline poursuit actuellement ses séances en travaillant sur d’autres aspects d’elle-même, elle continue à découvrir son chemin de libération.

En savoir plus sur l’estime de soi

L’estime de soi c’est savoir s’évaluer, c’est-à-dire connaître ses limites, ses qualités, ses défauts, c’est « rebondir » après un échec. L’estime de soi est construite sur l’amour de soi.
L’individu s’accepte car il est digne d’amour et de respect. Un parent qui encourage son enfant chaque jour dans ce qu’il fait, réalise, qu’il lui explique ses échecs ; permet à l’adulte en devenir d’avoir une bonne estime de lui-même.
Et même si l’estime de soi n’empêche pas la douleur, la souffrance, le doute en cas de difficultés, elle protège néanmoins du désespoir. En ayant une bonne estime de soi, la personne résistera plus aisément à l’adversité et se reconstruira après un échec. L’individu à faible estime de soi consacre son temps à observer les autres, pour faire comme eux, il se calque en pensant que ce que fait autrui est toujours mieux que ce que lui édifie.

Il est également souvent très sensible au jugement de l’autre et prend pour argent comptant les critiques entendues sans avoir les capacités de dire stop ou de s’évaluer en tant que belle personne. Il peut aussi être dans le culte du perfectionnisme pour plaire, pour se faire aimer, estimer.
L’être à basse estime de soi est fragile, sensible aux messages de son environnement, il éprouve des émotions de tristesse et de désarroi lorsqu’il subit une critique qui peut sembler démesurée pour un sujet avec une bonne estime de soi. Autrement dit, l’estime de soi renvoie au jugement positif ou négatif que l’individu a de lui-même.
Une estime de soi faible peut entraîner des difficultés dans les relations avec les autres et également un mal-être allant jusqu’à la dépression qui touche l’âme et le corps de l’être par des troubles du sommeil, un épuisement physique, des troubles alimentaires, un mal de dos…

Plus l’individu a une faible estime de lui-même et plus la dépression peut être sévère. En effet, s’il rumine sans cesse des idées négatives voire noires, n’arrive pas à agir, ne s’aime pas, il pense donc qu’il n’est pas capable de remonter la pente. Comment Caroline a retrouvé une meilleure estime d’elle-même? Ensemble, nous avons identifié la cause de sa dévalorisation et nous avons cherché des ressources (des solutions) afin que Caroline reprenne confiance en elle.