Définir le pervers et l’histoire de Charlotte 

 

La définition du pervers et l’histoire de Charltte 

En étymologie, la perversion vient du latin « pervertere ». Il signifie « mettre sans dessus-dessous ». Globalement, « c’est l’action de détourner quelque chose de sa vraie nature. » La perversion peut se comprendre comme le désir de contourner la loi de l’inceste au moyen de scenarii, destinés à maintenir l’illusion de la possession de la mère.  Le psychanalyste Paul Claude Racamier, a décrit le premier la perversité narcissique.  Selon Marie-france Hirigoyen : « on compte autant d’hommes que de femmes atteints. »

« La violence des pervers repose sur le triptyque : séduction, emprise, manipulation. »

Selon elle, Narcisse, au sens du Narcisse d’Ovide, est quelqu’un qui croit se trouver en se regardant dans le miroir. Sa vie consiste à chercher son reflet dans le regard des autres. L’autre n’existe pas en tant qu’individu mais en tant que miroir.  Comment le psychisme du pervers narcissique se construit-il? Comment tisse-t-il sa toile pour « attraper » sa proie? Quels sont les bénéfices secondaires de la victime à rester?

Le pervers et le déni de castration (l’histoire de Charlotte)

La tryade (père, mère, enfant) permet le complexe d’Oedipe. Le désir de chacun circule et permet à cette tryade d’occuper une place déterminante dans la construction psychique de l’enfant.

Au moment de l’Oedipe, le petit garçon désire sa mère qui devient l’objet de la pulsion sexuelle. Il va chercher à la conquérir par tous les moyens. Son désir ne pouvant être satisfait, il cherchera à gagner son amour. En parallèle, le petit garçon éprouve des sentiments ambivalents pour son père car il est à la fois son rival par rapport à la conquête de sa mère et son idéal car il veut lui plaire et lui ressembler. Il comprend que son père est un rival car sa mère éprouve éprouve du désir pour ce dernier.

Ainsi, symboliquement le père représente l’interdit de l’inceste car le petit garçon craint, de manière imaginaire, qu’il va perdre son pénis, que son père pourrait lui « couper » s’il continue à désirer son objet d’amour : la mère. L’enfant se confronte donc à l’angoisse de castration qui sera refoulée pour permettre au petit garçon de sortir de l’Oedipe, d’introjecter la loi et de s’identifier au père.

Qu’en est-il pour le pervers?  Lui, il fait tout pour éviter l’angoisse de castration et ainsi ne pas sortir de l’Oedipe. Pour cela, il utilise un mécanisme de défense qui est le déni. Le terme de déni chez Freud concerne la non reconnaissance de l’absence de pénis chez la femme, c’est-à-dire de la différence des sexes.

En effet, lorsque le petit garçon découvre cette différence, à savoir que certains enfants ont un pénis et que d’autres n’en ont pas. Il va croire que sa mère le possède, mais cela ne dure que normalement qu’un certain laps de temps car l’enfant découvre que c’est le père qui est en possession du phallus et que le désir de la mère envers le père permet à l’enfant de comprendre que sa mère est en quête phallique auprès du père.

Le sujet dit « pervers » a conscience que la mère est dépourvue du pénis, cependant il ne veut pas y croire. Le « oui mais quand même » caractérise le fonctionnement pervers du sujet.

Comment définir le pervers : le tissage de la toile (l’histoire de Charlotte)

Il avance toujours masqué. Il repère sa proie et ne la lâche plus. Enjôleur, compréhensif, attentif, il est à l’écoute de sa bien-aimée. Il la séduit, se rend indispensable, propose le mariage. La victime est comblée. Prise au piège, elle ne va pas tarder à déchanter. Le masque tombe plus ou moins vite. L’homme se révèle être un prédateur de l’amour. Docteur jekyll et M. Hyde.

Il humilie sa proie, la dévalorise, la culpabilise, la harcèle, provoquant les disputes, mais jamais en public. C’est un champion de la manipulation. Elle craint ses sautes d’humeur, ses colères. Elle fait tout pour arranger les choses mais rien n’y fait. Ce scénario est typique du pervers narcissique. La force de celui-ci réside surtout dans le langage, c’est une arme pour lui et il s’en sert tant pour amadouer la victime que pour la rendre « dingue ».

L’histoire de Charlotte

Charlotte a 37 ans , elle vient me voir car elle me dit devenir « folle ». Son conjoint la dévalorise sans arrêt, lui dit qu’elle est inutile. Elle s’est coupée de sa famille et de ses amis. Elle pleure souvent et a cette impression que si cela ne fonctionne pas dans son couple, c’est à cause d’elle.

L’élaboration thérapeutique

Plusieurs séances seront nécessaires à comprendre pourquoi Charlotte a été la proie d’un pervers narcissique. En parallèle, nous avons travaillé sur des objectifs mis en place avec l’outil de Programmation Neuro Linguistique (PNL)    

Ce que la psychothérapie apporte à Charlotte

Charlotte a pu se rendre compte qu’elle était une personne très empathique, qu’elle se culpabilisait facilement. En fait, elle a compris qu’elle avait été attirée par son conjoint dans la mesure où elle avait une profonde blessure narcissique. Avec la PNL, elle avance sur ses objectifs dont le principal est de le quitter et de retrouver une vie sereine. A ce jour, Charlotte reprend de sa valeur et se sent beaucoup moins fragile face à lui. A suivre…