Le syndrome d’épuisement professionnel.

 

 

Il touche les personnes qui donnent tout, en pensant que leurs capacités sont illimitées.

Lorsque ces personnes rencontrent des échecs, des blocages dans leur vie professionnelle, elles ne savent pas gérer la frustration ne pas être à la hauteur de leurs idéaux.

Cela peut être le cas, par exemple, d’un personne qui travaille énormément car dans ses valeurs le travail est une priorité. En parallèle, celle-ci attend de la reconnaissance de la part de sa hiérarchie. L’idéal est : »plus je travaille, plus j’ai de la valeur. » Et plus  cette reconnaissance se fait désirer et plus la personne va s’acharner jusqu’à se consumer de l’intérieur. Et là, c’est le burn out.

Ainsi, le burn out touche les passionnés se fixant des objectifs très ambitieux, et s’engageant intensément dans leur entreprise, leurs projets, leurs équipes.

Il frappe d’autant plus les personnes les plus dynamiques, reconnues comme compétentes, et les plus dévouées.

Herbert J. Freudenberger, psychologue et psychothérapeute américain, est l’un des premiers à décrire les symptômes de l’épuisement professionnel et à mener une étude complète sur le syndrome d’épuisement professionnel. Il a rédigé u ouvrage en 1980 intitulé « l’épuisement professionnel aux éditions Didier Robert. »

Pour Freudenberger, le burn out est la maladie des battants, des premiers de la classe. De ceux qui se tuent au travail, qui manquent de sommeil, qui bûchent. Ca ne touche pas les dilettantes, ceux qui se moquent du regard de leur patron. Ceux que cela ne dérange pas de devoir remettre  les choses au lendemain. Ca touche les personnes consciencieuses, soucieuses de bien faire et pour qui le travail a une valeur importante.

Le syndrome d’épuisement professionnel connaît 4 phases :

  1. la phase d’engagement : la personne est très engagée dans son activité, généralement plus que la moyenne.
  2. de surengagement : suite à un déclencheur (nouveau projet, nouvelle position, changement d’organisation,…) le travail prend toute la place sur la vie personnelle.
  3. de résistance : la personne nie son surmenage, pense et dit qu’elle y arrivera, s’acharne.
  4.  d’effondrement : cette phase peut être progressive ou brutale. L’estime de soi est anéantie, la personne est dans l’incapacité de se concentrer, de travailler. Le cerveau et parfois le corps patinent, la machine ne répond plus. Les symptômes sont émotionnels, physiques, cognitifs, comportementaux et motivationnels.

Les causes du syndrome d’épuisement professionnel :

Au besoin, nous avons besoin d’avoir une homéostasie de vie, c’est-à-dire un équilibre entre les activités qui nous donnent de l’énergie et celles que nous consommons.

Le burn out est une situation d’épuisement de l’individu, entraînée par un déséquilibre ce cette homéostasie. Par conséquent, la personne va peu à peu se vider et finir par un effondrement physique, psychique et émotionnel.

Les signes à observer :

  •  palpitations
  •   mains moites
  •   suées
  •  consommation accrue de tabac, d’alcool et de tranquillisants
  •  émotion exacerbée
  •  état de fatigue anormal et persistant
  •  céphalées chroniques
  •  difficultés de concentration et troubles éventuels de la mémoire
  •  sommeil perturbé
  •  troubles musculo-squelettiques
  •  problèmes gastro-intestinaux
  •  augmentation des concentrations sanguines en cholestérol, triglycérides ou acide urique…

Le burn out n’est pas une dépression :

Soumis à une forte pression émanant souvent de la hiérarchie, la charpente psychique de l’individu finie par ne plus tenir et s’effondre suite à une situation extérieure. Alors que dans la dépression, la cause est à l’intérieur de l’individu. Elle provient de son Soi. La métaphore pourrait être : un toit enneigé, soumis à une forte pression,  s’effondrera de l’extérieur alors que la maison remplie de termites attaquant la charpente finira également par un effondrement mais de l’intérieur. 

Généralement, un individu vivant une dépression sera déprimé dans l’ensemble de ses champs d’activités, alors qu’un individu traversant un burn out sera surtout en difficulté dans le champ professionnel.

Un exemple de burn out :

Magali, 27 ans, infirmière en hôpital privé, rêve d’apporter de la présence humaine aux personnes en souffrance. Le tableau brossé à l’école d’infirmière n’a absolument rien à voir avec la réalité. La cadence est intenable, sa cadre de santé lui renvoie toujours le fait de visiter plus de patients et d’aller plus vite. Magali est très consciencieuse et a un grand respect de la hiérarchie et n’ose pas s’opposer en démontrant que cela est irréalisable.

Comme exemple, elle raconte qu’il lui est demandé de faire des piqûres en moins de 7 minutes, pour une question de rentabilité. Elle n’a donc plus le temps de mettre le patient en confiance, de laisser sa  main prendre la température du corps…Il faut toujours aller plus vite.

2 ans plus tard, elle fait un burn out.

Nous voyons bien que la disproportion totale entre l’énergie à investir sous pression, et l’objectif à atteindre est typiquement un générateur de burn out. Nous mettons en place des séances de coaching.

Ce que le coaching de vie lui a apporté: 

Après une phase de repos de 2 mois, Magali étant en arrêt maladie, est venue me consulter pour redonner du sens à son métier et se fixer des objectifs afin de sortir de cet engrenage.

Nous avons élaboré un plan stratégique sur 15 séances et avons fait un retour d’expériences. Magali, grâce à l’atteinte de ses objectifs, a pu retrouver une homéostasie entre son travail et ce qui l’animait à l’extérieur. Elle s’est également affirmée auprès de sa hiérarchie en démontrant de manière factuelle que les objectifs étaient inatteignables. Elle a surtout pris de la hauteur et du recul face aux situations vécues. Ce qui a permis à Magali de faire un pas de côté et de vivre les choses avec plus de sérénité.

Le burn out, à qui la faute? :

Au vu de cet exemple, nous pourrions aisément conclure que la responsabilité du burn out incombe à l’entreprise. Ce serait un mauvais raccourci.

L’académie de médecine dans son rapport publié en février 2016 dit avec sagesse du burn out qu’il est le résultat de la rencontre entre un individu et une situation. »

En effet, deux collègues face à une même situation ne réagiront pas  de la même façon. En fonction de notre éducation, de notre capacité à prendre du recul, de notre sens du devoir, de nos sources d’énergie hors travail (famille, sport, autre engagement…), nous réagirons différemment aux mêmes situations. Certains s’adapteront facilement, d’autres s’opposeront, d’autres encore se tairont…