Le syndrome de l’imposteur et l’histoire de Magali

Qu’est ce que  le syndrome de l’imposteur?

 

Le syndrome de l’imposteur : personne habitée par le doute en permanence sur ses compétences, sa légitimité à être, faire tel métier par exemple. La personne ne se sent pas à la hauteur dans ses capacités, elle se forme sans cesse et ne se lance pas et même si elle a été validée, certifiée, diplômée. Elle dira quasi tout le temps, par exemple, qu’elle a eu de la chance, que les gens qui l’ont recrutés c’est parce qu’ils avaient besoin d’une parité homme/femme. La personne dira « j’ai réussi mais je n’ai aucun mérite car cela était très facile. »

Cette personne se dit que les autres vont réaliser qu’elle n’est pas à sa place, que c’est une imposture. Elle n’attribue jamais ses réussites à elle-même et même si cela est réellement le cas. Exemple : « pour qui je me prends d’avoir le désir d’écrire un bouquin n’ayant point fait d’études littéraires. » Elle se dit qu’elle ne mérite pas sa place, qu’à tout moment on va la démasquer parce qu’elle est nulle, incompétente, illégitime. Ces pensées ruminantes de soi sur soi empêchent de bien fonctionner en occupant tout l’esprit. Cela prend beaucoup trop de place.

Syndrome de l’imposteur :  estime de soi défaillante

Ce syndrome peut se présenter à nous dans des moments de notre vie où l’on vit une situation difficile comme la perte de son travail. Nous pouvons penser pendant un petit moment que nous n’avions pas les compétences et que c’est certainement pour cela que nous avons été licenciés. Mais une fois réflexion faite sur soi, on reprend de l’estime de soi et on rebondit. Or, celui atteint du syndrome de l’imposteur se situe dans un ancrage permanent  de croyances limitantes. Ainsi, se déprécier systématiquement et en toute occasion devient pathologique et cela est un grand frein à la réussite. On en vient à saboter inconsciemment ce que l’on met en place afin de se prouver que l’on avait raison (pas compétent, pas légitime…). L’estime de soi est au plus bas et cela engendre généralement de l’angoisse et des états dépressifs.

La faible estime de soi empêche les personnes de prendre leur place, de développer toutes leurs capacités. Ce syndrome va amener la personne à être dans une passivité tout en apprenant toujours plus, ou en se formant plus pour être tout le temps validée par l’extérieur pour savoir si elle est bien légitime et en même temps être dans l’incapacité à recevoir cette validation extérieure et de continuer ses investigations.

Pourquoi le syndrome de l’imposteur ?

Les personne souffrant du syndrome de l’imposteur sont souvent des personnes qui ont eu dans l’enfance un attachement insecure. Si l’enfant n’a pas reçu de la part de ses parents une sécurité affective. Lorsque le parent n’ a pas répondu de manière constante et appropriée aux signaux renvoyés par son enfant. Si l’enfant n’a pas trouvé de soutien parental. La sécurité affective permet d’explorer le monde et d’acquérir son autonomie psychique. Par conséquent, l’adulte qu’il devient aura toujours besoin de validation positive de l’extérieur mais sera en permanence dans la crainte d’être rejeté ou abandonné.

Ainsi, il est important d’apprendre à se valider soi avec soi de manière interne. Se poser comme question : « qu’est-ce que je pense de mes compétences pour telle chose, de ma légitimité pour telle autre. » « Est-ce que je fais semblant? » Exemple: sur ce roman que je suis en train de faire publier, je mets bien mon nom pas celui d’un autre auteur. Je suis donc légitime en tant qu’écrivain ».

Apprendre à s’évaluer : « j’ai le droit de faire cela, de me prendre pour… » Stopper les projections idéales. Cela arrive à certaines personnes de ne pas se sentir compétentes. La personne n’est effectivement plus compétente dans ce domaine d’activités parce que cela n’est plus sa place, au fond d’elle elle n’a plus aucune envie d’être là. Elle se ment juste à elle-même sans pour autant être dans le syndrome de l’imposteur.

L’histoire de Magali

Magali a 26 ans et  vient me consulter car elle est très angoissée. Elle se déprécie énormément surtout sur sa légitimité à être informaticienne, son métier depuis 4 ans. Elle me dit : « ils m’ont recrutés parce qu’ils n’y a que des hommes dans ce service et une femme était la bienvenue. » « Et puis, c’est surtout parce que j’ai eu de la chance d’être recrutée. » Typique du syndrome de l’imposteur.

  • L’élaboration thérapeutique

Le but est de découvrir si cela est un vrai syndrome de l’imposteur. Très vite, je me rends compte qu’il s’agit d’un vrai syndrome car Magali a toujours été en attente de validation des autres et continue aujourd’hui car elle ne se sent pas légitime donc elle potasse des bouquins d’informatique et étudie des programmes. Et même si son encadrement lui confirme chaque année qu’elle a les meilleurs résultats de l’équipe. Mais, au fond d’elle, il y a toujours une peur de se sentir rejetée.

Je proposerais à Magali un travail sur ses croyances, du coaching avec des exercices comme celui-ci : établir une liste de 20 choses qu’elle a réussi à mettre en place pour obtenir ce poste et qui ne dépendait que d’elle et que personne n’aurait pu faire à sa place, un travail sur sa confiance en elle. Puis, nous ferons de l’haptopsychothérapie afin de restaurer cette sécurité intérieure qui lui a tant manqué depuis son enfance.

  • ce que les séances lui ont apportées 

Magali a pu reprendre confiance en elle-même, elle s’est sentie sécurisée et légitime dans son métier. Elle a stoppé de potasser des tonnes de bouquins.